février 2024

Nicolas Pagnol

Le plus néo des Provençaux

Petit-fils d’un des symboles les plus prégnants de notre patrimoine provençal, Il est aujourd’hui le garant de son œuvre. Celui qui a travaillé à la réalisation aux côtés de Veber, Oury ou Muyl n’est pas un Provençal au sens classique. Il a fait sa vie entre Nice et la Normandie en passant bien évidemment par la capitale. Pourtant son ADN et son amour chantent le Sud, le thym et la belle bleue.

Avec la complicité de Benjamin Perles

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Le 29 janvier, Nicolas Pagnol débarque quai Marcel Pagnol pour lancer les célébrations des 50 ans de la disparition de son grand-père

Pour ma part je préfère appeler les néo nouveaux arrivants. On ne devient pas provençal en quelques années. L’appartenance à cette terre est intimement liée à un amour quasi charnel de son terroir, le vert bleu argenté des oliviers, l’aridité de sa terre, le son stridulant des cigales et reposant des grillons, la morsure de ce soleil que l’on fuit, l’odeur de la garrigue mais aussi celle inimitable de la Méditerranée. 
L’identité provençale est pour moi le reflet d’un rapport à la terre et aux éléments… Expatrié depuis 25 ans dans le nord avec beaucoup de temps passé en Normandie, où, même si je me suis habitué à son vert tendre et à son bleu diaphane, je ne me sentirai jamais néo-Normand.

Le plus beau des pays reste celui où l’on a vu pour la première fois le sourire penché de sa mère et l’on impose bien plus souvent sa propre culture que l’on épouse celle des autres.

Je me désole de constater la disparition des paysans et des pêcheurs que j’ai connus dans ma jeunesse. Leurs terres remplacées par des immeubles pour retraités et leurs pointus par des yachts étrangers. Si la culture imprègne le terroir, celle-ci en est aussi issue.

Le dynamisme économique et culturel qu’apportent ces nouveaux arrivants est une richesse indispensable à notre région mais son corollaire est la folklorisation d’une culture qui refuse de se fondre dans cette mondialisation. Il me semble que la Provence réussit toutefois un numéro d’équilibriste peu commun : embrasser cette modernité tout en favorisant toutes les initiatives visant à valoriser son identité.


Voilà sans doute ce qui fait son charme et son unité depuis des siècles, la Provence aime tous ceux qui sont prêts à l’aimer en retour. »