Il est l’une des figures clés de la nouvelle génération, un virtuose dans la définition la plus usuelle du terme, rodé au tempo vivace du monde international de la musique classique. Pianiste, violoncelliste et chef d’orchestre reconnu pour sa direction sensible et expressive, Lionel Bringuier a fait ses gammes au Conservatoire de Nice et à l’Académie Rainier III de Monaco. « J’ai grandi dans une famille qui adorait la musique. Ma sœur aînée, aujourd’hui prof de piano, avait commencé à jouer et nous voulions tous l’imiter », se souvient avec naturel ce passionné, qui s’est aussi laissé happer par les sonorités chaleureuses du violoncelle. Monté au Conservatoire de Paris, il sera le plus jeune Français à y suivre la classe supérieure de chef d’orchestre. « Nous y avions la chance de nous entraîner du grand répertoire à la musique contemporaine. Beaucoup d’œuvres que je dirige aujourd’hui sont celles que je connais depuis des années, comme Shéhérazade de Rimski-Korsakov, et que je redécouvre à chaque reprise », lance celui qui, depuis qu’il a été 1er Prix du Concours international des chefs d’orchestre de Besançon à 19 ans, mène une carrière à l’international. Après l’Orchestre philharmonique de Los Angeles, l’Orchestre symphonique de Castille et Leon, et la Tonhalle de Zurich, il partage désormais ses coups de cœur avec les Azuréens en tant que chef associé de l’Orchestre Philharmonique de Nice. « Nous accueillons de grands solistes comme Hélène Grimaud, qui nous a enchantés l’an passé, ou le violoncelliste Gauthier Capuçon avec qui nous avons rendez-vous en juin », ajoute celui qui aime également à se produire avec son frère aîné Nicolas Bringuier au piano. Tous deux sont très attachés à la formation niçoise. « Ce sont des souvenirs d’enfance, poursuit le jeune papa, de concerts où je voulais toujours me mettre plus haut pour voir tout l’orchestre. Je suis aussi subjugué par la virtuosité de nos musiciens, comme lorsque nous avons monté Le Sacre du printemps en deux jours. » Quand il dirige, Lionel encourage chaque instrument à prendre conscience des autres pour faire ressortir les couleurs des compositions. De sorte qu’ils partagent ensemble une musique, une formation, un public. Et de conclure : « Je me sens ainsi comme un musicien parmi les autres ».
Par Tanja Stojanov – Photo Dominique Jaussein




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