Franck Chevrier
Place aux Épices !
« Nos producteurs et fournisseurs respectent leurs produits et les hommes qui les cultivent. »
Par Milena Radoman - Photo Jean-Michel Sordello

« Les épices, c’est ma madeleine de Proust », raconte en souriant Franck Chevrier, fondateur de Place des épices, membre du Collège culinaire de France depuis 2019. Ce fils de restaurateurs gastronomiques de Chevreuse se rappelle avec délice des parfums de l’épicerie du village qu’il humait enfant… et qui ne le quitteront jamais. Le créatif, qui a travaillé comme directeur artistique pour les plus grandes marques de luxe à Paris puis à Nice, à Publicis ou à son compte, décide de sauter le pas en 2017. Le néo-Drapois sait parfaitement à quelle porte frapper. Passionné de voyages, il a déniché au fil de ses périples en Asie ou en Afrique les meilleures coopératives d’épices et aromates, récolté les recettes ancestrales de curry ou ras el-hanout… Ce marathonien commence par bâtir dans son jardin une cabane en bois avec son fils Léo, pour stocker les arrivages d’épices ; et construit sur la Toile, un site bien référencé. Le bouche-à-oreille opère et les commandes affluent. Durant l’épidémie de Covid-19, Franck Chevrier travaille non-stop, de 6 h à 22 h. Il moud à la demande, mélange les épices, emballe… Il doit même embaucher et trouver un entrepôt plus grand en pleine crise sanitaire. Aujourd’hui, Franck Chevrier a investi dans deux sites à Drap de 300 m2 et peut se targuer de cumuler 7 000 clients dont 500 professionnels, notamment de nombreux chefs comme Samuel Victori des Agitateurs, Thomas Hubert d’Olive & Artichaut à Nice, ou encore les restaurants étoilés du groupe Ducasse. Véritable cannelle de Ceylan, poivre blanc du Sri Lanka ou Sichuan du Népal, baies sauvages de Tasmanie… « Nous proposons 350 références et 72 mélanges d’épices que nous préparons nous-mêmes, mais aussi une grande variété de sels, thés et fruits secs. Nous n’achetons qu’aux coopératives et à des intermédiaires avec qui il y a un lien de confiance. En Espagne, Égypte, France, Inde, au Maroc, Sri Lanka ou Vietnam... nos fournisseurs et producteurs respectent leurs produits et les hommes qui les cultivent. » Parmi les mélanges originaux qui se vendent le mieux : le Zaatar, composé d’origan, de sumac et de sésame torréfié ; ou le Dukkah, mélange de fruits à coque, de graines et d’épices toasté. À 54 ans, l’entrepreneur a de nombreux projets en tête pour développer ses propres cultures dans la région. Il cherche notamment un terrain de 3 hectares pour un kibboutz, « un endroit où l’on peut travailler et vivre confortablement ».



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