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PORTRAITS

Ils sont artiste, cheffe étoilée, designer ou apiculteur, pilote automobile ou créatrice de mode. Leur point commun ? Ces personnalités glamour ou au cœur de la vie culturelle, économique et sociale régionale sont les moteurs de l’actualité azuréenne. Découvrez sans filtre le témoignage de leur parcours, leurs rêves, leurs ambitions et leurs projets à venir.

décembre 2017

Albert Goldberg

  • L’essence de l’élégance

 

 

 
 ALBERT GOLDBERG

 

Rencontrer Albert Goldberg est toujours un moment déli­cieux. L’homme porte ses 80 ans avec la fière prestance de quelqu’un qui a bâti son existence et sa réputation sur les bases d’une élégance infaillible. « Il a un coup d’aiguille que les autres n’ont pas », comme disait de lui son père, tailleur de métier. Une évidence, me direz-vous, pour un personnage à l’origine d’une marque qui a marqué des générations de preppies : Façonnable. Ce nom lui est venu un jour où il jouait au foot, sur un terrain, dans l’arrière-pays. Il a à peine 20 ans. « J’ai remarqué l’enseigne d’un maçon sur laquelle était écrit “façonnerie”. Je suis entré voir mon père dans sa boutique, baptisée Jean Tailleur et située rue Paradis à Nice. Je lui ai dit que nous allions désormais nous appeler “Façonnable”. Il m’a simplement répondu : “Tu t’appelleras comme tu veux mais moi, c’est Jean Tailleur !” » L’histoire aurait pu s’arrêter net si Albert n’avait pas la création chevillée au corps et l’envie intense de lancer une marque à part en­tière. « La première collection Façonnable est sortie en 1962. » Chose inédite pour l’époque, il propose un univers capable d’habiller l’homme littéralement de pied en cap, des chaussures au chapeau. Autre idée brillante, le positionnement « sportswear chic », totalement nouveau à ce moment-là. Un style que des maisons comme Ralph Lauren ou Scapa of Scotland répandront largement quel­ques années plus tard. L’aventure se poursuivra pendant quarante-deux ans, soit 84 collections. Quand l’entreprise est vendue en l’an 2000, elle pèse 1,8 milliard de francs de chiffre d’affaires et possède 500 points de vente à travers le monde. Qu’avait-il encore à prouver après ça ? Aux autres, rien. À lui ? « À chaque fois que je me regarde dans le miroir, je me dis étonne-toi ! » Avec le lancement de la griffe Albert Arts, installée sur la Promenade des Anglais, il repart dans une autre aventure avec la même énergie et la même passion : habiller la femme et l’homme avec ce qui se fait de plus beau et de plus juste.»

 

Par Alexandre Benoist

Photo Jean-Michel Sordello

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