Quel bonheur que de retrouver nos grands musées azuréens cette saison, avec des expositions exceptionnellement prolongées et de nouveaux accrochages. Petit tour des incontournables.
ESPACE LYMPIA
Pierre Soulages, la puissance créatrice
Il a fêté l’hiver dernier ses cent ans ! Célèbre pour ses Outrenoirs, ces noirs lumière aux textures magnétiques, Soulages n’a pas simplement produit des toiles fascinantes. Il a aussi fait de la peinture sur papier, gravure à l’eau-forte et sérigraphie, produisant une œuvre d’une grande cohérence. En plus de présenter cette vaste diversité technique, l’exposition a aussi l’avantage de souligner les amitiés de l’artiste avec des peintres de son temps ou poètes illustres comme Léopold Sédar Senghor.
Jusqu’au 23 août
Port de Nice, 52 boulevard Stalingrad – Tél. 04 89 04 53 10
VILLA ARSON
Quatre expositions à explorer

Le Centre d’art nous embarque dans l’univers mystique des brahmanes de Shailesh BR et les expérimentations psychédéliques de Zora Mann. Tandis que l’artiste niçois Kristof Everart nous interpelle sur la façon dont nous occupons le territoire, Sol Calero interroge le regard que nous portons sur les espaces domestiques en fonction de nos origines. La singularité de cette artiste, née au Venezuela et installée à Berlin ? Son syncrétisme incroyablement coloré, en résonance avec les lieux.
Jusqu’au 20 septembre
Nice, 20 avenue Stephen Liégeard
Tél. 04 92 07 73 70
Sol Calero, vue d'exposition à la Villa Arson, 2020.
MUSÉE MASSÉNA
Les années joyeuses. Jean Ferrero & friends :

Armen, Ben, César, etc. Avec Jean et autour de sa galerie, les artistes ont échangé des idées et projets, vécu de beaux moments en partage. Artiste, photographe instinctif, collectionneur atypique et marchand d’art, il a participé à sa manière directe et joviale aux grandes heures de l’art sur la Riviera dès la fin des années 1950. Certains artistes sont devenus ses amis proches, comme Arman ou César. Et en guise de clin d’œil à son ancien galeriste, Moya réalise ici un cabinet de curiosités de 550 objets. Des années joyeuses !
Jusqu’au 15 novembre
Nice, 65 rue de France - Tel. 04 93 91 19 10
CENTRE D’ART LA MALMAISON
Kehinde Wiley, peintre de l’épopée

Pour sa première exposition personnelle dans une institution française, le Centre d’art rassemble une trentaine de toiles et vitraux de cet artiste phare de l’art contemporain américain. Menant une réflexion sur l’identité raciale et sexuelle, Wiley opère une rencontre entre l’histoire de l’art et l’art de rue. Redonnant leur place aux exclus, il réinterprète les représentations traditionnelles du pouvoir dans un élan clairement critique, non sans exprimer aussi une certaine fascination pour le luxe.
Jusqu’au 1er novembre
Cannes, 47 La Croisette – Tél. 04 97 06 45 21
Kehinde Wiley, Abed Al Ashe and Chaled El Awari (The Wolrd Stage: Israël), 2020. Huile sur toile 244 x 213,5 cm. Courtesy Templon, Paris - Bruxelles.
VILLA DOMERGUE
Louis Cane, Sculptures

Dans l’écrin de la villa Art déco dessinée par Jean-Gabriel Domergue, dont on apprécie tant l’architecture que les jardins, l’exposition réunit une cinquantaine d’œuvres de Louis Cane. Issu de ces générations d’artistes formés à l’Ecole des Arts décoratifs de Nice, il a été l’un des membres fondateurs du groupe Supports/Surfaces, remettant en cause le statut du tableau. C’est ici l’occasion de mieux connaître son œuvre sculpté, qui multiplie les références au passé pour mieux les détourner.
Jusqu’au 27 septembre Cannes,
15 avenue Fiésole – Tél. 04 97 06 44 90
Louis Cane, Grande Ménine au perroquet, 2008-2009, bronze patiné.
ESPACE DE L’ART CONCRET
Nouvelles donnes

Pour fêter son 30e anniversaire, l’EAC consacre son expo d’été aux œuvres entrées récemment dans sa collection, qui compte à ce jour plus de 700 pièces rattachées au courant de l’abstraction géométrique. Pour rappel, après la première donation de Gottfried Honegger et Sybil Albers à l’Etat français en 2000, le couple a en effet su entraîner dans son projet une multitude d’artistes, galeries et collectionneurs. Des propositions théoriques fort différentes, à découvrir en plus de celle de Francisco Sobrino, figure clé de l’art cinétique, et dont l’expo est prolongée jusqu’au 6 septembre.
Jusqu’au 7 mars Mouans Sartoux,
Château de Mouans,
13 place Suzanne de Villeneuve – Tél. 04 93 75 71 50
Jean-François Dubreuil, QXH2. Espace de l'Art Concret, Donation Albers-Honegger
VILLA CARMIGNAC
Prix Carmignac du photojournalisme : 10 ans de reportages

En partenariat avec la Fondation Carmignac, la Villa donne à voir des expositions d’art contemporain dans un jardin habité d’œuvres spécialement créées pour le lieu. Au cœur de l’île de Porquerolles, elle met aussi en lumière le reportage d’investigation grâce à son Prix de photojournalisme. Pour cet accrochage estival exceptionnel, elle a ainsi sélectionné cent photos, témoins de dix années de photoreportage sur les droits humains et enjeux écologiques. Des images engagées sur deux étages.
Jusqu’au 1er novembre
Ile de Porquerolles, Piste de la Courtade – Tél. 04 65 65 25 50
FONDATION MAEGHT
Jacques Monory

C’est la première exposition monographique dédiée à l’artiste, depuis qu’il s’est éteint en 2018. Un parcours à travers soixante ans de carrière de ce grand peintre de la Figuration narrative, mouvement qui dès les années 1960 a marqué sa différence face à l’abstraction. Empruntant au cinéma et à la photographie, Monory associe des images pour en créer de nouvelles, délivrant une vision pessimiste, réaliste et tragi-comique du monde derrière son filtre bleu, celui de la nuit et du doute.
Jusqu’au 22 novembre
Saint-Paul de Vence,
623 chemin des Gardettes
Tél. 04 93 32 81 63
Jacques Monory, Dream tiger n°4, 1972. Huile sur toile, 195 x 200 cm. Don de la Société des Amis de la Fondation Maeght, 2009 (achat 1972).
Photo Archives Fondation Maeght.




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