Il a remporté le Prix Projet du concours ArchiCOTE 2015 avec sa Villa BH aux lignes modernes, à Roquebrune-Cap-Martin, sur une parcelle en très forte pente. Rencontre.
Pourquoi avez-vous choisi de vous spécialiser dans les villas contemporaines ?
En villa, la relation avec la nature est essentielle. J’ai opté pour cette spécialité dès la troisième année de mes études, en choisissant l’atelier de Maurice Sauzet, qui propose une architecture contemporaine naturelle inspirée des cultures japonaise et méditerranéenne. Oscar Niemeyer, célèbre pour la construction de la ville de Brasilia, fait aussi partie de mes influences. Il a traversé le XXe siècle et a été comme Le Corbusier ou Mies van der Rohe, à la pointe de l’avant-garde. Si au départ les clients font souvent des croquis avec des arcades, des colonnes et des balustres, quand on leur fait découvrir des réalisations contemporaines, ils préfèrent alors ce style neuf fois sur dix.
Quels ont été les défis et les idées directrices de la construction de la villa BH ?
Cette maison à Roquebrune-Cap-Martin a été construite sur un terrain pentu sans aucun accès par la route. Le projet a consisté à créer un volume, le plus étroit et long possible, pour limiter les terrassements. Ne pouvant être desservi par la chaussée, nous avons dû ajouter un funiculaire, caché par le couvert naturel végétal des pins. C’est une villa à ossature bois sur deux niveaux. On y arrive par le haut dans l’espace jour, avec une terrasse couverte à l’est dans le prolongement de la cuisine et, à l’ouest, un salon qui conduit à une piscine en porte-à-faux. Le volume du haut a subi un léger décalage pour échapper à certaines cimes d’arbres et offrir de plus belles vues. Dans cette rotation, j’ai glissé un escalier sur deux niveaux. Couvert par une verrière, il éclaire la totalité du bâtiment.
Parlez-nous de la demeure que vous construirez dès l’automne au-dessus du site Cap Moderne...
C’est un autre projet à Roquebrune, sur la Basse Corniche. Un terrain complexe en trapèze, coincé entre deux routes très passantes, l’avenue Pierre-Curie et l’avenue Paul-Doumer. La villa fait donc 30 mètres en longueur et 3 à 6 mètres en largeur. Pour régler le problème du bruit, nous avons fermé le bâtiment à l’arrière, percé seulement par la porte d’entrée. J’ai dessiné un vaste hall d’accueil avec des portes invisibles pour éviter l’effet accès par les chambres. La demeure est vitrée sur trois côtés. À l’est et à l’ouest, chaque espace bénéficie de ses terrasses ou loggias. Pour moi, l’architecture et la sculpture sont très liées. Je cherche constamment à jouer avec les vides et les pleins pour les effets d'ombres portées qui mettent en valeur les différents volumes.
Quel est pour vous le projet de maison individuelle qui a été votre plus grand challenge ?
Je pense immédiatement au projet « express ». Je l’appelle ainsi car c’est une villa qu’il a fallu dessiner en quinze jours mais je n’ai pas voulu faire une simple boîte avec des tuiles. Le terrain est situé en contrebas du village d’Eze, sur une butte avec une vue mer à 180°. J’ai imaginé une bâtisse de 170 m2 sur deux niveaux, composée de deux parties qui s’articulent autour d’un patio agrémenté de palmiers. Je cherche toujours à casser les volumes, à les faire tourner pour les orienter au mieux. Et je les couvre de toits-terrasses végétalisés. Cela correspond pleinement à l'architecture contemporaine. Cette maison est une sorte de cadre sur la Méditerranée. Son bandeau inférieur profond permet une assise à l’intérieur des chambres d’où l’on peut observer le paysage, comme dans une cabane.
> Diplômé de l’École nationale supérieure d'Architecture de Marseille, Jean-François Alessandra dirige une agence mentonnaise fondée en 1967. Architecte de père en fils depuis trois générations, il dessine des villas individuelles, de Nice à Menton, aux lignes modernes, sobres et épurées.




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